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Chapitre IUne odeur de café chatouille mes narines. Odeur familiere, quotidienne. Les plafonniers s'allument brutalement, éclairant les visages hagards des passagers qui ont mal dormi, entortillés dans les couvertures a carreaux marron de la compagnie Air Afrique. On dort toujours mal en avion. Cette nuit, j'ai eu de la chance. J'ai pu m'allonger sur trois fauteuils en relevant les accoudoirs : un lit presque confortable. D'un geste rapide je repousse ma couverture et m'installe pres du hublot. Une ligne rouge a l'horizon : le jour se leve. Dix kilometres plus bas, l'Afrique est encore voilée de brumes, un océan de vapeurs blanches, évanescentes.Dans la cabine, les passagers s'ébrouent comme des canards. La plupart ont fait comme moi. Ce n'est plus une cabine d'avion, c'est un dortoir volant. La-bas, au fond, il y a déja la queue devant la porte des toilettes pour le pipi du matin. Tout a l'heure ce sera le rush et il ne sera plus question de prendre le temps de se laver les dents. Une quinzaine de personnes se dandineront d'un pied sur l'autre et tambourineront leur impatience contre la porte.Le soleil se leve rapidement et la lumiere embrase brutalement les arbres géants de la foret qui moutonne sous l'avion, jusqu'au Zaire, mince filet d'argent tout7