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Préface générale PIÉTONS DE PARIS
« La forme d'une ville change plus vite, hélas !, que le cour d'un mortel. » Les sujets de Louis XV et de Louis XVI ont commencé a prendre conscience d'une réalité qui, un siecle plus tard, arrache a Baudelaire cette exclamation. Paris n'en finit pas de faire craquer ses limites. La ville a successivement dépassé l'enceinte romaine qui entourait l'île de la Cité et sa rive gauche, celle de Philippe Auguste qui introduisait une symétrie entre les deux rives, celle de Charles V qui élargissait le côté droit de la ville, d'un château a l'autre, c'est-a-dire du Louvre a la Bastille, puis celle de la Renaissance qui marquait rextëhsion vers l'ouest, au-dela des Tuileries, et vers le sud, celle de Louis XIII enfin qui s'efforçait de rétablir la symétrie entre les deux rives. Au début du xviii« siecle, la monarchie essaie, une nouvelle fois, de dessiner le périmetre de sa capitale, le long des grands boulevards, plantes d'arbres, qui remplacent les anciennes fortifications, mais la population ne cesse de croître, par baisse de la mortalité et par afflux des provinciaux a la recherche de travail. Les campagnes avoisinan-t~es sont grignotées, les villages rattachés a la ville. Ce sont des bâtiments de luxe qui surgissent a la Chaussée d'Antin, a Monceau, au Roule et, de l'autre côté de la Seine, le long du faubourg Saint-Germain ; ce sont des bâtisses sans grâce qui accueillent dans le quartier Saint-Marcel la population ouvriere. L'ouest, sur l'axe qui mene du Louvre a Versailles, s'affirme comme la partie résidentielle de la capitale.
LA VILLE ET SES LIMITES
L'ultime effort de la monarchie pour maîtriser la taille de Paris prend l'aspect de l'enceinte dont Ledoux, sur 23 km, ceinture la ville et par laquelle le pouvoir entend contrôler les entrées et les sorties.