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UEXEMPLE DE DEBRECENUrbanisme dans la plaine hongroisePar VIRGILÉ BIERBAUERIL EST UNE OPINION trés répandue que la race hongroise n'a pas la faculté de créer et de fa^onner des villes. Comme sí, aprés mille ans de vie nomade, elle était toujours restée nomade et toutes les villes du pays, trois avec une population de plus de cent mille, dix avec plus de cinquante mille et cent-sept avec plus de dix mille habitants, avaient été fondées, formées et déve-loppées jusqu'á leur grandeur actuelle par des étrangers. Cette erreur remonte, d'une part, k une définition trop étroite de la notion de ville et, de l'autre, á une insuffisante connaissance de l'histoire des villes hongroises. Quant a la pre-miére erreur, j'ai táché de la dissiper par une étude publiée antérieurement ici-méme. Dans ce qui suit, je voudrais, en esquissant le développement de Debrecen, la plus grandé et, sous plus d'un aspect, la plus caractéristique des villes hongroises, donner un exemple de la facpon dont les Hongrois, au cours de leur histoire, ont formé leur ville caractéristique.Debrecen domine le centre de la plaine qui s'étend au Sud-Est de la Tisza, plus exactement, le point géographique oíi les routes conduisant du passage du Danube ü Budapest et du passage de la Tisza á Szolnok vers les comitats de Szatmár et de Máramaros croisent la route Arad-Nagyvárad-Nyiregyháza-Sárospatak. Ses environs étaient habités par une population dense des le XIII et le XIV6 siécle, comme le prouve, sans erreur possible, le fait que dans la ban-lieue actuelle de la ville on reconnaít les vestiges d'une cinquantaine de communes dont trente-deux, au moyen áge, avaient mérne une église. Cette multitude de villages fut détruite presque sans exception pendant l'époque turque, leur population survivante se réfugiant á Debrecen. Avec les habitants, le finage de ces villages fut intégré á la ville.Voyons maintenant de quelle fafon Debrecen est devenu une ville. Dans le secteur septentrional de sa partié intérieure actuelle, au Nord de la grandé église actuelle, il y avait, a la fin du XIII siécle, plusieurs villages seigneu-riaux, plutöt petits, sur le domaine de la famille Dózsa. L'un d'eux longeait l'actuelle rue Bethlen autrefois rue du Maítre et avait re?u son nom du maitre Mathieu Dózsa. Un autre appartenait á la ligne collatérale de la mérne famille; il longeait l'actuelle rue Péterfia et portait le nom de son fondateur. Evidemment, ces villages ne se composaient que d'une rangée de maisons formánt une seule rue. A l'Est de ceux-ci, au Nord de l'actuelle rue de la Lainerie, avait pris forme un troisiéme petit village nőmmé village de Saint-Ladislas. Celui-lá n'épousait pas la forme d'une rue mais était constitué par un groupe irrégulier de maisons construites á tort et á travers. Toutefois, selon certains documents, il avait aussi une église. Les traces de ces trois agglomérations anciennes peuvent étre facilement retrouvées, mérne sur la carte actuelle de la ville.