Bővebb ismertető
LA VIE DE BÉLA BARTOKparBENCE SZABOLCSILa figure de Béla Bartok est restée a jamais gravée dans la mémoire de ceux qui l'ont approché. Cela est d'autant plus remarquable qu'il ne craignait rien tant que de se donner en spectacle ou faire preuve d'originalité. Il pouvait se permettre le plus grand luxe de son époque: etre sincere et vrai. Et ce que son art ne trahira que rarement nous est dit par son milieu, sa famille, ses chanteurs paysans et ses jeunes éleves: cette personnalité créatrice infiniment complexe était habitée par une âme foncierement humaine, simple et franche.Il était de taille moyenne, frele et nerveux; mais sur ce corps frague, presque malingre, éprouvé par la maladie, rayonnait une tete pleine de lumiere. Ses yeux bruns, au regard perçant dévoré par un feu ardent, se dilataient et s'enflammaient lorsqu'il se mettait au piano ou prenait part a quelque discussion; son front bombé était couronné de cheveux autrefois ondulés, plus tard coupés ras, qui grisonnerent de tres borme heure, surtout aux tempes; son nez était fin et mince, sa bouche énergique; d'aucuns se sont plu a le comparer a un ascete du moyen âge. Ses mains aux doigts déliés, d'une finesse artistique, trahissaient cependant une force extraordinaire. Sa maniere d'etre en public donnait une impression parfois d'hésitation, parfois de réserve. Il y avait dans sa démarche une sorte de balancement rythmique qui, cependant, n'őtait rien a son allure décidée. Mais sa force se révélait encore mieux par la tete. Ceux qui l'ont vu au piano vous diront que dans ses mouvements, ses gestes et ses frémissements, il y avait quelque chose de la panthere, du rapace, quelque chose de redoutable. Il ne se servait de lunettes que pour travailler. Pendant quelque temps, dans ses années de jeunesse entre 1910 et 1912,