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PREMIERE PARTIE Philippe Marcenat a Isabelle de Chevernyo
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Mon brusque départ a du vous surprendre. Je m*en excuse et ne le regrette pas. Je ne sais si vous entendez, vous aussi, cet ouragan de musique intérieure qui s'éleve en moi depuis quelques jours comme les hautes flambées de Tristan. Ah! que je voudrais m'abandonner a la tourmente qui, avant-hier encore, dans la foret, me jetait vers votre robe blanche. Mais j*ai peur de Tamour, Isabelle, et de moi. J'ignore ce que Renée, ce que d'autres, ont pu vous apprendre de ma vie. Nous en avons quelquefois parlé; je ne vous ai pas dit la vérité. C'est le charme des etres nouveaux que cet espoir de transformer pour eux, en le niant, un passé que l'on eut voulu plus heureux. Notre amitié n'en est plus au temps des confidences trop flatteuses. Les hommes livrent leur âme, comme les femmes leur corps, par zones successives et bien défen-