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TROP VRAIS POUR S'AFFADIR
Les anciens Pays-Bas se sont scindés en deux États au terme des grandes luttes du xvie siecle. La Treve de 1609 consacrait l'indépendance de la République protestante des Provinces Unies. Les pays du Sud, fideles au catholicisme, demeuraient dans la dépendance de l'Espagne. Apres de longues vicissitudes, ils formerent en 1830 le royaume de Belgique. C'est l'art de ces provinces du Sud, flamandes et wallonnes, les anciens comtés de Flandre et de Hainaut, la partie méridionale des duchés de Brabant et de Limbourg, le pays de Liege qui, sous le titre de Peinture en Belgique, fait ici l'objet d'un ouvrage parallele a la Peinture Hollandaise, troisieme panneau dans la collection Pictura d'un triptyque dont le premier était le volume De Van Eyck a Bruegel.
Au moment d'achever ce triptyque, je veux rendre hommage aux historiens et aux critiques d'art qui, en Belgique, ont si favorablement accueilli ou présenté mes travaux, et, particulierement, a la mémoire des grands historiens disparus qui m'ont honoré de leur appui et de leur amitié, Hulin de Loo, Edouard Michel, Paul Fierens. Leur souvenir m'a souvent accompagné tandis que je notais dans la diversité de ses manifestations l'unité de la peinture belge.
Verhaeren, en 1885, dans les Flamandes, en un vers a effet, louait les vieux peintres de son pays « trop vrais pour s'affadir dans les afféteries ». Chantant les joies de la chair, les truculences rurales, la virilité ouvriere, il déformait une réalité qui ne se résume pas aux grasses kermesses. Il écrivait en un temps ou meme un symboliste chantait le « réalisme flamand ». Nous ne le suivons plus sur ce chemin.