Bővebb ismertető
INTRODUCTION
La poésie des Fables se laisse plus facilement sentir qu 'analyser. Si l'on se fie au titre, elle se réduit a les mettre en vers : entreprise modene, audacieuse pourtant par sa nouveauté, puisqu'elle heurte d'excellents juges, comme Patru. Selon lui, rien ne sert ici de se retrancher sur l'autorité de Phedre : ce qui vaut pour le latin, langue concise, cesse pour la nôtre, ou la versification, trop contraignante, risque d'ôter a l'apologue son mérite essentiel, la brieveté, ha Vont aine montre, d'entrée, combien de telles appréhensions sont peu junifiées. Bien avant Baudelaire ou Mallarmé, il sait, le premier peut-etre de toute notre littérature, si n'était déja venu Malherbe, que le langage poétique, grâce aux ressources expressives de la mesure, de la rime et de la musique verbale, l'emporte en densité sur la prose. Il renera longtemps aussi le dernier, sinon le seul, a le prouver par son exemple. La poésie, apres lui, entre pour pres d'un siecle dans l'ere du soupçon : on lui reproche de mettre des entraves au discours de la raison.
Avec ce qu'il appelle, dans /'Avertissement de ses premiers contes, les « vers irréguliers », et que nous nommons moins bien vers libres, le poete s'en donné l'instrument le mieux adapté a ses propres besoins et a ceux du genre qu'il a choisi. Il n'aurait pu, sans lui, ni rendre si fidelement les inflexions memes de sa voix, et les nuances changeantes de son âme inquiete, ni désencombrer son récit par d'élégantes ellipses et de brusques raccourcis.