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LIVEE TEENTE-NEUVIEME.
I.
Les événemens se pressaient coup sur coup, comme dans une fortune qui s'écroule. L'influence des Girondins dans les départemens, artificiellement soutenue par les journaux a la solde de Roland, croissait chaque jour. Les dangers de la patrie donnaient le peuple aux partis extremes. Les comrais-saires de la Convention couraient de ville en ville, installant ou renversant, selon leurs caprices, les autorités locales, les unes dans le sens du jacobinisme, les autres dans l'esprit de la Gironde. Bourdon de l'Oise, en mission a Orléans, ou il prechait les doctrines de Robespierre et remplaçait la municipalité modérée par une municipalité jacobine, recevait vingt coups de baionnette dans la salle de l'hôtel de ville ; relevé et sauvé par les démagogues, il envoyait ses assassins a Paris, au tribunal révolutionnaire. Manuel, l'ancien procureur-syndic de Paris, retiré a Montargis, sa patrie, était arraché de sa demeure par le peuple, traîné au pied de l'arbre de la Liberté, dépouillé de ses vetemens, criblé de blessures, défiguré de coups, inondé de sang, et la municipalité, qui accourait pour le délivrer, ne trouvait plus d'asile pour lui qu'un cachot.
La majorité de la Convention, décidée par la Plaine, flottait au gré de Barere. Robespierre s'éloignait de Danton, suspect de complicité dans les trahisons de Dumouriez. Legendre entreprit de les réconcilier.