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PREFACEl'invitation au voyageQuand le monde semble une prison et l'existence une impasse, quand la conscience se révolte contre le lieu quelle occupe, ou quand elle erre désorientée comme dans les pieges d'un labyrinthe, ça s'appelle la mélancolie. Sa victime entretient avec l'espace la plus douloureuse des relations: elle en éprouve tantőt le manque, tantőt l'exces; sa finitude lui fait horreur, de meme que l'infinitude la terrifie. D'ou la recherche mélancolique des ailleurs et des lointains : a l'égaré, le voyage promet un but, au captif une évasion. L'ancienne médecine le savait bien, qui aux malades de l'âme prescrivait de prendre la route soit pour conquérir un horizon et sortir de leur marasme, soit pour imposer un rythme aux fluctuations de leur inquiétude.Le xi^ siecle, âge du spleen, est aussi l'âge des partances. La grande époque des la-bas. De Chateaubriand a Nerval, de Baudelaire a Maupassant, pas un écrivain (laissons de cőté les bourgeois , condamnés aux faux-semblants de leurs circuits touristiques) qui n'entende l'appel du large et n'y réponde a sa maniere. L'un, parmi les bruyeres de Bretagne ou dans les forets d'Amérique, reve de part et d'autre de l'océan aux espaces d'une autre vie ( J'eusse voulu pouvoir dire comme les