Bővebb ismertető
INTRODUCTION GÉNÉRALE.
-o-
I.
J^'ART, en Francé, au XIXe siécle, a brillé d'un éclat pareil á celui des plus grandes époques du passé. Cet éclat est dű principalement á la peinture qui a pris, durant tout le cours de ce siécle, la prédominance sur les autres modes de manifestacion de la pensée artistique. C'est qu'elle était par sa nature plus mobile, plus primesautiére, plus spontanée, apte comme aucune autre á se tenir en correspondance avec toutes les vicissitudes subies par lés sociétés humaines depuis la grandé crise politique, sociale et morale causée par la Révolution.
Cette date solennelle marque en effet le point de départ d'une ere nouvelle non seulement dans l'histoire du peuple frangais, mais dans le développement de la civilisation occidentale tout entiére. Et ce qui caractérise l'art au XIXe siécle, justement, ce sera d'avoir repris sa mission naturelle, d'étre rentré dans sa condition essentielle, qui est de donner aux génération. l'image de leur propre vie, de résumer leurs aspirations, de fixer leur idéal, d'étre le miroir fid éle á la fois de leur aspect extérieur et de leur áme.
Or, depuis prés de trois siécles, l'art, en Francé, avait dévié; il avait perdu la notion de son rőle représentatif du caractére national et de l'idéal populaire. II avait suivi le mouvement de la vie publique qui était tout entiére concentrée dans la personne du souverain. Aussi, si vous suivez l'histoire de l'art depuis l'avénement de Francois Ier, vous constatez qu'il adopte un caractére de plus en plus exclusif de haut dilettantisme aristocra-tique; il est devenu un art de cour, asservi á l'office de pourvoir aux pompes de la majesté royale, destiné á satisfaire les caprices ou á flatter la vanité du souverain et de ses courtisans. Ce caractére s'accentue jusqu'á l'exclusivisme pendant la période de monarchie absolue de Louis XIV. L'art, rigoureusement discipliné sous l'autorité de Lebrun, est tout entier affecté á la glorification du roi. La peinture prend alors une orientation presque uniquement déco-rative, mythologique, allégorique, religieuse ou historique, congue dans un esprit d'adulation plus ou moins directe, et lorsque, par exception, l'histoire qu'elle célébre touche á des faits contemporains, ce sont toujours des faits destinés a exalter la gloire du roi. On ne peut pas dire que le peuple en sóit exclu; il n'existe pas.
De plus, au lieu de vivre en se développant sur le vieux fonds du passé national, l'art a subi l'empreinte profonde et, semble-t-il, indélébile d'un art étranger. L'art italien s'est imposé au monde par l'éclat de ses nombreuses écoles et le prestige incomparable de ses maitres. II a été importé en Francé par les rois qui ont entrepris la conquéte de la péninsule, et qui, éblouis comme au retour d'une sorté de croisade, ont révé de fairé orner leurs demeures, édifiées somptueusement dans le goűt nouveau formé au delá des Alpes, par le pinceau d^-s plus grands peintres de Milán ou de Bologne, de Florence ou de Rome. II a été acclimaté définitivement par nos artistes, attirés dans les principautés italiennes déjá peuplées d'innom-brables merveilles, ou mérne envoyés officiellement pour parachever des études, basées, 'd'ailleurs, sur les doctrines de ces grands maitres étrangers. Au XVIIe siécle, l'Italie régne