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L'hotesse, Mme Lemercier, me laissa seul dans ma chambre, aprés m'avoir rappelé en quelques mots tous les avantages matériels et moraux de la pension de famille Lemercier. Je m'arrétai, debout, en face de la glace, au milieu de cette chambre oű j'allais habiter quelque temps. Je regardai la chambre et me regardai moi-méme. La piéce était grise et renfermait une odeur de poussiére. Je vis deux chaises dont l'une supportait ma valise, deux fauteuils aux maigres épaules et á Fétoífe grasse, une table avec un dessus de laine verte, un tapis orientál dont l'arabesque, répétée sans cesse, cherchait á attirer les regards. Mais á ce moment du soir, ce tapis avait la couleur de la terre. Tout cela m'était inconnu; comme je connaissais tout cela, pourtant : ce lit de faux acajou, cette table de toilette? froide, cette disposition inévitable des meubles, et ce vide entre ces quatre murs... La chambre est usée; il semble qiron y sóit déjá infiniment venu. Depuis la porté jusqu'á la fenétre, le tapis laisse voir la corde; il a été piétiné, de jour en jour, par une foule. Les moulures sont, á hauteur des mains, déformées, creusées, tremblées, et le marbre de la cheminée