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L'IMPÉRATRICE JOSÉPHINE
A Madame René Doumic.
Que l'on ne cherche pas en ces pages des documentations nouvelles, des dissertations savantes et de doctes affirmations. Je n'ai voulu que ressusciter un instant l'arabesque d'une flamme éteinte, et l'ondoyante légereté d'une écharpe immortelle. Trop de célebres écrivains ont tracé avec maîtrise les contours de cette grande et charmante figure pour que je me risque a les vouloir imiter.
Je veux, simplement, tendre a une sensibilité féminine désormais fantôme, le miroir d'une imagination de vivante. Déja, je vois monter, du monde des morts, en sa grâce que l'âge ne peut atteindre, ni le temps, une souple fumée qui vient, reconnaissante, au-devant de mon reve, et le prie de la parer encore. Impériale et douce, enfantine et puissante, ayant rejeté la couronne et le sceptre d'un jour pour ne tenir en ses mains que les fleurs fugitivement éternelles, décimant leur guirlande sans fin, elle flotte et vole, déesse tendre et fardée, en la transparence de ses tuniques de nuées, sur le ciel diaphane des tropiques.
Fille des Iles du Vent, elle vient, portée par les alisés, au-devant de l'aigle et du soleil, chatoyante Iris promise a un jeune Jupiter. Ainsi je la vois, figure frele et délicatement