Bővebb ismertető
Officiellement, la localité s'appelle Traiskirchen en Basse-Autriche. Les passagers disent Transitville, ou bien Salle d'attente, chacun dans sa langue nationale. Certains l'affublent de noms fantaisistes dans le genre de : On-s'tire-ville, J'm'taille-bourg, Filles-de-l'air-City, Adieu-ma-mere. C'est encore Transitville qui correspond le mieux au caractere du lieu. Plus de mille arrivées par mois, en provenance des quatre coins du monde ; presque autant de départs pour l'outre-mer. Il s'agit bien d'une ville de transit au beau milieu de l'Europe, d'une gare hantée par des voyageurs sans bagages.Presque tout le monde arrive en secret. Les gens quittent leurs pays comme s'ils allaient faire un tour dans les montagnes environnantes. Ils prennent avec eux un sandwich, une paire de chaussettes de rechange. Je mets mon imperméable, il va peut-etre pleuvoir Ils ne retourneront jamais dans leur patrie. D'autres arrivent accrochés aux essieux des wagons, ou dissimulés dans le chargement de parpaings d'un camion, ou bien a la nage, ou meme a bord d'un avion détourné. Ils atterrissent directement a Transitville. Mille émigrants par mois, dix mille et plus tous les ans ; avec les événements de Pologne, leur nombre augmente de jour en jour.Ces gens qui déambulent dans les rues de Transitville ne ressemblent guere aux personnages que la presse et la télévision présentent sous le nom de dissidents. Leur grouillement évoque plu-11