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PREMIERE PARTIE PARIS 1
Cela lui arrivait pratiquement tous les matins, a présent. A moins qu'il ne se soit sérieusement enivré la veille et que l'effort de se lever, de se doucher, de se vetir ne devienne si flou, si inconscient presque, qu'il le fasse a tâtons, privé ou plutôt soulagé de lui-meme par sa fatigue. Mais les autres jours étaient plus fréquents et plus durs : il se réveillait a l'aube, le cour battant de peur — de ce qu'il ne pouvait appeler autrement, déja, que sa peur de la vie — et il attendait le récitatif dans sa tete de ses angoisses, de ses échecs, du lourd calvaire de la journée a venir. Son cour battait, il essayait de se replonger dans le sommeil, il essayait de s'oublier. En vain. Il s'asseyait alors dans son lit, attrapait la bouteille d'eau a son côté, avalait une gorgée tiede, fade, lamentable comme lui paraissait sa vie depuis trois mois et il pensait « mais qu'est-ce que j'ai, qu'est-ce que j'ai ? » avec un mélange de désolation et de fureur car il était orgueilleux. Et l'éventualité, pourtant si souvent rencontrée chez les autres, chez des gens qu'il estimait vrai-
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